Expérience de terrain

120 m² annoncés. 112 m² mesurés.

Un couple souhaitait vendre son appartement, devenu trop grand depuis que leurs enfants avaient quitté le foyer. Leur projet était désormais de commencer une nouvelle vie dans le Sud de la France.

Lors de notre rendez-vous d’estimation, le propriétaire m’indique que la superficie est de 120 m² environ et qu’il me transmettra ultérieurement le document dont il dispose.

Je rédige donc mon estimation sur cette base, en précisant qu’il s’agit pour l’instant d’une superficie déclarée.

Le prix est arrêté. Le titre de propriété mentionne lui aussi 120 m² environ. L’appartement avait été acheté dans les années 1980 et tous les documents de copropriété ont été réunis pour préparer sa mise en vente dans les meilleures conditions.

Avant de rédiger le mandat, je souhaite toutefois que les diagnostics soient actualisés, notamment la mesure de superficie.

Le diagnostiqueur avec lequel je travaille intervient dès le lendemain.

Quelques jours plus tard, il m’appelle pour me communiquer la surface certifiée : 112,06 m².

Près de 9 m² de différence.

Je lui demande de vérifier ses calculs. Il me confirme sa mesure et, compte tenu de l’écart et de son incidence possible sur le prix, je lui demande de revenir sur place avant d’en parler à mon client.

Quelques jours plus tard, il revient et retrouve exactement la même mesure : 112,06 m².

J’annonce alors la nouvelle au propriétaire. Sa première réaction est de mettre en doute le sérieux du diagnostiqueur. Je lui explique que c’est précisément pour éviter toute erreur que je lui ai demandé de revenir une seconde fois. Il reconnaît la démarche, mais le doute demeure.

Je lui propose alors de faire intervenir un second diagnostiqueur, choisi par lui, sans lui communiquer le résultat de la première mesure.

Quelques jours plus tard, une nouvelle mesure est réalisée : 112 m² également, à quelques centimètres carrés près.

Le propriétaire reste pourtant très en colère et ne comprend toujours pas comment une telle différence est possible.

Le propriétaire en parle à son notaire. Lors d’une discussion entre nous trois, nous lui expliquons qu’à l’époque de l’achat, les surfaces étaient souvent mesurées de manière approximative et qu’une superficie déclarée pouvait laisser à l’acquéreur la possibilité de contester le prix si une mesure ultérieure révélait un écart important.

Après cette discussion, le propriétaire accepte finalement de revoir le prix sur la base de la superficie réellement mesurée.

L’appartement est vendu.

Le hasard avait par ailleurs rapproché vendeur et acquéreur autour de plusieurs centres d’intérêt sportifs. Ils sont restés en contact et, aux dernières nouvelles, le sont toujours.